Des formes éthériques et pourtant denses, des couleurs vibrantes inspirantes, des éclairs de vie.
Les xylogravures de la série « Coupé, oublié, enchanté » de Hugues Seguda évoquent poétiquement, délicatement, modestement notre paradoxale capacité à nous illusionner comme des charmeurs de serpents. Sans vergogne, nous nous approprions et anéantissons la beauté et la respiration que la vie nous offre, arbres, forêts, nature, puis sournoisement nous refoulons, oublions. Pour combler le vide et dissimuler que nous sommes des porteurs de mort, nous investissons des espaces qui, eux, ont le droit d’être vivants. Nous nous extasions alors de la beauté, de tel feuillage et de telle lumière à l’intérieur des grilles d’un parc. Là où les peurs peuvent être contenues, celles du vivant, du débordement, de la sauvagerie, de l’envahissement.
Mais la souche demeure lorsque l’arbre a été coupé et renaîtra de ses cendres tel un Phénix avec ses rejets, en accueillant champignons et insectes et nourrira la terre de son humus. Normalement, depuis Colbert, le droit français impose de laisser les souches en place pour que se regénère la forêt. Que dire alors des coupes rases et de leur destruction dans certains pays pour produire du biocarburant ?
Elle est la source de la prochaine vie, de la lignée, des racines n’en déplaise à notre avidité incontrôlée, incontrôlable. La décomposition, la métamorphose demandent du temps, elles sont souterraines, sous-jacentes, mais elles sont. Que nous voulions l’oublier ou non. Et vient le temps de la renaissance, de l’enchantement, le cycle et les couleurs de la vie qui nous émerveillent.