Hugues Seguda est né à Saint-Étienne en 1953. Après ses études, il se dirige dans la création de marionnettes et en 1979, il intègre l’école technique de marionnettistes de Rennes. En 1982, il s’installe à Lyon où il crée pour différentes troupes. Cette passion lui restera longtemps et il animera de nombreux ateliers dans des écoles sur la fabrication de marionnettes. De cette époque, lui restera, la notion du détail et la précision de l’observation.
 
Passionné de montagne, il décide en 1983 de s’installer dans un village isolé des Alpes, près de Chamonix. Dans ce village demeure une tradition « africaine » de recyclage des objets usuels. Ce fonctionnement le touche et il décide d’y participer à sa façon en le rendant « visible » avec « Objets Déchus ». Il se sert uniquement dans le dépôt des objets usagés de la commune pour réaliser ses créations qui ont toutes un lien avec la vie du village. Ce qui lui vaudra le surnom de « l’Africain » de la part de Jean Rouch (réalisateur et ethnologue) durant l’une de ses conférences. Il arrête le processus « d’Objets Déchus » dès leur exposition dans le musée du village. La boucle est bouclée. Cette réflexion l’amène sur un autre chemin qui, au final, n’est guère différent avec, dès 1994, « La Peau des Choses » la réalisation des premières empreintes en pleine nature, de traces laissées par des tailleurs de pierre. Avec son matériel dans un sac à dos, à pied, il parcourt la montagne à la recherche de cette mémoire et il redescend avec les empreintes. Ce travail lui demande du temps et  il reste de nombreuses heures sur place pour réaliser chaque œuvre. Cette série « Étendage » sera présentée dans différents lieux sous forme comme son nom l’indique d’étendage. La pierre perd sa minéralité pour devenir de la peau. Elle met en contact avec la fragilité et la temporalité de l’existence humaine tout en évoquant l’immensité de l’univers. Durant cette période, en 1997, avec les artistes polonais Émile & Élisabeth Cieslar et la coopération de la Mairie de Chamonix et l’Office National des Forêts, il réalise, une sculpture monumentale dans le centre-ville de Chamonix « Face au Mont-Blanc, Qui es-tu ? » : une réflexion adressée aux milliers de touristes qui visitent Chamonix chaque jour. Replacer l’humain au centre de l’échiquier, garder la trace de ces personnes dont on ne se souvient jamais. Puis, il participe à différents projets dans des écoles ou avec des associations environnementales, comme pour « Solstice » (2005) une manifestation contre l’invasion des camions qui polluent chaque jour la vallée de Chamonix. Hugues Seguda est un fervent défenseur de la nature à laquelle il est particulièrement attaché, à la fois comme source d’inspiration et force d’élévation. La référence à la nature est constamment présente dans son travail, tout comme celle de l’impalpable trace de la relation de l’homme au monde. Et dans ce monde, la destruction est toujours latente. Les guerres qui se déclarent un peu partout, en sont un triste exemple. Des soldats anonymes sont envoyés au front… C’est « Sweet Family » (2005), une installation sous forme d’un salon cosy, la forme est rassurante, le sujet est inquiétant, la suite logique « d’Étendage », etc. Puis dans « Une Mère et ses Filles » (2008), des photos en miroir se reflètent et s’interpellent sans fin… Sont-elles les victimes ? Ont-elles vraiment existé ? Que nous renvoie le monde des images ?  Restent-elles encore dans le cœur d’un proche ? Rien n’est vraiment jamais achevé et nous n’en avons jamais terminé avec le désespoir. « Boîtes Noires » (2009), « Petit Intérieur » (2010) , « Leurres & Lueurs » (2011), « Dessus-Dessous » (Biennale de Lyon – Résonnance - 2011) déclinent ce thème de l’apparence modeste, du regard, du secret sous-jacent et de la trace qui finit par disparaître… En 2012, une exposition personnelle à la galerie du Larith à Chambéry, donne l’occasion à l’artiste d’établir une rétrospective de ses œuvres majeures tout en proposant une nouvelle installation sur la question du bonheur : si la vie est tellement ténue, il faut peut-être s’interroger sur le pourquoi de cette vie. Est-il possible de définir le bonheur ? L’artiste s’appuie sur une formule scientifique d’un psychologue britannique pour broder sa propre trame sur le sujet : nature, souvenirs (traces) et interaction sociale.
 
Ses œuvres apparaissent dans différentes publications comme la revue « Relief » de l’éditeur Jacques Gendrault et il figure dans « Chamonix, portraits d’aujourd’hui » de J. Norris et J.M. Milhomme.
 
En 2013, Hugues Seguda s’installe en Auvergne, dans le département de la Haute-Loire. Il quitte le monde minéral pour le monde végétal. Il alterne alors commissariat et expositions personnelles. C’est ainsi que naitront, les expositions « VEGETAL » Château de Chavaniac-Lafayette en 2020, « Peaux-Parures-Empreintes- Ar(mue)res » en 2021 et « Enforestées » en 2022 Chapelle de la Visitation à Brioude (Hte-Loire). Ses sources d’inspiration de toujours, la Terre et la Nature prennent forme dans « Gaïa », une empreinte fictive de la terre qui accompagne le danseur dans son mouvement cosmique et surtout dans « Autopsia ». Cette fois-ci, ce sont les arbres qui sont soumis au travail de l’empreinte, qui sont disséqués, radiographiés. La déconstruction est de plus en plus flagrante, l’écorce ressemble à de l’écorce et y ressemble de moins en moins. Le voyage dans les arbres est un voyage intérieur où il est possible de se perdre à la fois avec plaisir, à la fois avec effroi. Hugues Seguda ne cessera jamais de s’interroger, de s’étonner, et nous avec.
 

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